Définition : La détente
La détente désigne le plus souvent la phase, pendant la guerre froide, des relations Est-Ouest qui commence au début de 1963, après la crise des missiles de Cuba, et s'achève en 1979-1980 avec l'invasion soviétique en Afghanistan et l'arrivée de Ronald Reagan à la présidence des États-Unis.
Source : Wikipedia
La détente des années 1960 aux années 1970⚓
Document 1 :
L’objectif principal de la détente est d’éviter la guerre nucléaire. Mais la détente ne saurait y parvenir à elle seule. Il faut lui associer une puissance suffisante pour maintenir l’équilibre nucléaire, ainsi que la capacité et la détermination proclamée des Etats-Unis d’empêcher toute agression soviétique.
La rivalité est un élément inévitable des relations américano-soviétiques, mais une certaine coopération est possible et, en fait, essentielle. La détente était une tentative de développer l’élément de coopération et de déterminer certaines limites à l’élément de rivalité. Elle n’invite pas à un relâchement de la part des Etats-Unis, ni à réduction de l’opposition aux tentatives que font les Soviétiques pour développer leurs intérêts aux dépens des nôtres. La détente autorisait l’espoir, elle ne justifiait pas l’euphorie. […]
Richard Nixon, La vraie guerre, Albin Michel, 1980.
Document 2 :
La RFA et l’URSS considère comme l’objectif le plus important de leur politique de maintenir la paix internationale et d’aboutir à la détente. Elles manifestent leur intension d’encourager la normalisation de la situation en Europe et le développement de relations pacifiques entre les Etats européens, et prennent comme point de départ à cet égard la situation existante réellement des l’espace européen. […]
En conséquence, elles règlent leurs questions exclusivement par des moyens pacifiques et elles prennent l’engagement de s’abstenir, conformément à l’article 2 de la charte des Nations unies, de la menace de la force. […] Elles s’engagent à respecter sans restriction l’intégrité territoriale de tous les Etats en Europe dans leurs frontières d’aujourd’hui. Elles déclarent n’avoir de prétentions territoriales à l’égard de quiconque et n’en élèveront pas à l’avenir. […]
Extrait du traité de Moscou, signé par la RFA et l’URSS, le 12 août 1970, dans Le Monde, 13 août 1970.
Présenter l'auteur du document 1, en citant un fait historique auquel il s'est illustré lié à la période étudiée.
Dégager le contexte historique des documents en illustrant par deux évènements datés et liés à la période concernée.
En se référant aux documents 1 et 2, souligner les expressions qui attestent la décrispation dans les relations Est/Ouest.
Document 3 : les accords d'Helsinki
1. Egalité souveraine, respect des droits inhérents à la souveraineté.
Les Etats participants respectent mutuellement leur égalité souveraine, ainsi que tous les droits inhérents à la souveraineté, y compris le droit de chaque Etat à l’intégrité territoriale, à la liberté et à l’indépendance politique. Ils respectent le droit de chacun d’entre eux de choisir et de développer librement son système politique, social, économique et culturel. […]
4. intégrité territoriale
Les Etats participants s’abstiennent de faire du territoire de l’un d’entre eux l’objet d’une occupation militaire ou d’autres mesures comportant le recours direct ou indirect de la force[…]
6. Non-intervention dans les affaires intérieures
Les Etats participants s’abstiennent de toute intervention directe, indirecte, individuelle ou collective, dans les affaires intérieures ou extérieures relevant de la compétence nationales d’un autre Etats participant, quelles que soient leurs relations mutuelles. Ils s’abstiennent de toute intervention et de la menace d’une telle intervention ; ils s’abstiennent de tout acte de contrainte militaire, politique, économique visant à subordonner à leur propre intérêt l’exercice, par un autre Etat participant, des droits inhérents à sa souveraineté. Ils s’abstiennent d’aider directement ou indirectement des activités terroristes ou subversives visant au renversement violent du régime d’un Etat participant.
7. Respect des Droits de l’homme et des libertés
Les Etats participants respectent les droits de l’homme et les libertés fondamentales, y compris la liberté de pensée, de conscience, de religion ou de conviction pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion. Ils favorisent et encouragent l’exercice affectif des libertés et des droits civiques, politiques, économiques, sociaux, culturels et autres qui découlent tous de la dignité inhérente à la personne humaine.
Accords d’Helsinki, signés par 35 chefs de gouvernement le 3 août 1975, engageant tous les Etats européens, l’URSS, les Etats-Unis et le Canada.
LA GUERRE FRAICHE OU LA PAIX FROIDE (1975-1985)⚓
Document 4:
Le Vietnam est divisé en deux depuis les accords de Genève qui ont donné l’indépendance à la l’Indochine en 1954: au Nord, un régime communiste; au Sud, une dictature pro-américaine, contre laquelle se développe une opposition menée par le Nord qui souhaite réunifier le pays sous sa tutelle. Les Etats-Unis s’engagent dès 1956 pour soutenir le gouvernement de Saïgon. Poursuivie par Kennedy, l’intervention s’intensifie sous Johnson. En 1965, plus de 500 000 GI’s sont envoyés au Vietnam et des bombardements massifs commencent dans le Nord comme dans le Sud. L’utilisation d’armes destructives, comme le napalm, fait des centaines de milliers de victimes. Face à ces dérives, l’opinion américaine et internationale commence à s’opposer à la guerre. En 1968, Johnson annonce le retrait progressif des troupes américaines et l’arrêt des bombardements. Pourtant, le conflit perdure. C’est Richard Nixon qui y met fin. Les négociations entre son conseiller, Henry Kissinger, et le régime nord-vietnamien aboutissent à la signature des accords de Paris en janvier 1973. Fin mars 1973, les Américains ont fini d’évacuer le Vietnam. Ce dénouement a été facilité par le rapprochement sino-américain, dont le symbole est la reconnaissance de la Chine populaire par Nixon en 1972.
En Amérique latine, face à une situation sociale qui laisse dans la misère un grand nombre d’habitants, des guérillas révolutionnaires se développent. Soucieux de ne pas voir paraître dans leur zone traditionnelle d’influence de nouveaux pays communistes, tel Cuba, les Etats-Unis décident de soutenir dictatures. Ils interviennent ainsi en République dominicaine en avril 1965 pour rétablir l’ordre et sauver le régime de la menace révolutionnaire. Au Chili, la CIA participe en 1973 au coup d’Etat du général Pinochet contre le socialiste Salvador Allende, élu démocratiquement trois ans plus tôt.
J.-M. Gaillard (dir.), Histoire Tle S, Bréal, 2004, p. 67.
Document 5 : La guerre des six jours (1967)
Les répercussions de la guerre des Six jours aujourd’hui
« Avant la guerre des Six jours, les Etats-Unis sont un ami d'Israël, mais pas encore un allié. C'est justement suite à la victoire éclaire de l'Etat juif que Washington s'en rapproche, d'autant plus que la France a rompu assez brutalement avec - pour le coup - son véritable « allié » israélien, comme l'appelait De Gaulle lui-même en 1964 encore. Certes, en novembre 1967, les Etats-Unis vont impulser aux côtés des Soviétiques la Résolution 242 et considérer comme illégales les implantations et l'annexion de Jérusalem-Est, mais ils n'exerceront jamais de réelles pressions sur les gouvernements israéliens. En pleine phase de repli face à Moscou au cours de cette période de guerre froide, Washington perçoit comme très précieuse la présence d'un allié fidèle et puissant au Proche-Orient. Un demi-siècle plus tard, en plein chaos proche et moyen-oriental, c'est toujours le cas... »
Source : Eric Keslassy, « des conséquences géopolitiques de la guerre des six jours » In Actualité juive, 2017
A travers les trois documents, analyser les facteurs qui matérialisent le regain de tension entre les deux blocs.
Document 6:
Le retrait américain du Vietnam marque le début de l’expansion communiste dans la péninsule indochinoise. La réunification du Vietnam sous la tutelle du régime communiste du Nord en avril 1975, suite à la chute de Saïgon, s’accompagne de la victoire des Khmers rouges au Cambodge […] Le reste de l’Asie du Sud-Est demeure dominée par les dictatures fidèles aux Etats-Unis.
L’Afrique devient elle aussi enjeu de la lutte d’influence entre les deux grandes puissances. L’URSS y marque des points à partir de 1975. Des régimes communistes s’installent en Angola et au Mozambique, mais aussi en Ethiopie (membre du CAEM, tout comme l’Angola), au Congo et au Bénin.
L’URSS progresse également en Asie moyenne en intervenant directement en Afghanistan. En 1978, suite à un coup d’Etat militaire, ce pays est passé dans le camp soviétique. […] L’URSS décide d’intervenir en décembre 1979, [en envoyant] 90 000 hommes sur place, tandis qu’un fidèle de Moscou est placé à la tête du régime.
Enfin l’URSS prend l’initiative de rompre l’équilibre de la terreur en Europe. Elle décide d’installer en Europe de l’Est, en 1977 des missiles nucléaires dits intermédiaires (4 000 à 5 000 k de portée), les SS 20, qui échappent aux accords SALT 1 [et qui menacent] directement l’Europe de l’Ouest.
La réaction américaine est déjà sensible sous Jimmy Carter […], par un embargo sur les exportations de céréales et de haute technologie vers l’URSS ou le boycott des jeux Olympiques de Moscou en 1980. En réponse au déploiement des SS 20 à l’Est de l’Europe, Jimmy Carter donne aval […] en 1979 d’installer en Europe occidentale des missiles américains (Pershing 2) pour équilibre des forces. […]
Cependant, Ronald Reagan (1981-1988) renoue avec la politique du « big stick », notamment en Amérique latine, par peur d’une contagion révolutionnaire. Les Etats-Unis aident les « contras » anti-sandinistes au Nicaragua, soutiennent l’intervention britannique aux Malouines, débarquent à grenade en novembre 1983.
Cette guerre des étoiles s’incarne dans son « Initiative défense stratégique » (IDS), lancée en mars 1983, et qui vise à installer un bouclier spatial anti-missile.
J.-M. Gaillard (dir.), Op.cit., Bréal, 2004, p. 67.
Comment se manifeste la « guerre fraîche»?
Face à l’extension de la sphère d’influence du communisme, quelle a été la réaction des Etats-Unis?
LA FIN DE LA GUERRE FROIDE (1985-1991)⚓
Document 7:
A la fin de l’ère Brejnev, alors que les dépenses militaires atteignent 16% du PIB, l’économie soviétique s’essouffle et le retard s’accroit vis-à-vis des pays occidentaux. La croissance n’est que de 3% en 1979 et le pays a manqué la troisième révolution industrielle. La population souffre de conditions de vie difficiles. […]
Dès son accession à au pouvoir, Gorbatchev engage un programme de réformes qu’il soumet en février 1986. Il s’agit de modifier le système économique, en redonnant plus d’autonomie aux paysans et aux entreprises: [la perestroïka (restructuration)].
Les réformes se poursuivent en matière politique. La Glasnost (transparence) […] instaure une véritable liberté d’expression qui rend compte des événements sans censure. […] la constitution est révisée, permettant la tenue d’élections libres en 1989, avec multiplicité des candidatures.
La fin des années 80 est marquée par une nouvelle détente consistant à désarmer pour sauver l’économie. Le salut de l’économie soviétique passe par l’arrêt de la course aux armements et la détente avec l’Ouest: il faut réduire la part des dépenses militaires dans le PIB et accroître les importations et les investissements en provenance de l’Occident. Il s’y ajoute les accords de désarmement. […] le 8 décembre 1987, le traité de Washington décide la destruction dans les trois ans des FNI (forces nucléaires intermédiaires), missiles d’une portée de 500 à 5 500 km, stationnés en Europe. […]
La nouvelle détente se traduit par le retrait des soviétiques en Afghanistan. Gorbatchev pousse le gouvernement communiste de Kaboul à entamer une « politique de réconciliation nationale ». Le 14 avril 1988, les accords de paix signés à Genève engagent le processus de retrait des troupes soviétiques. Celles-ci quittent le pays entre mai 1988 et février 1989, laissant les Afghans se débattre dans la guerre civile. […] Aussi les troupes vietnamiennes commencent à évacuer le Cambodge en 1988 sous la pression de l’URSS.
J.-M. Gaillard (dir.), Op. cit., Bréal, 2004.
Document 8: Discours de François Mitterrand sur les bouleversements en Europe de l'Est (Strasbourg, 25 octobre 1989)
(...) Voyez les affres de l'Allemagne de l'Est. La situation n'est pas la même. Les Allemands de l'Est ont un pouvoir d'achat supérieur à quelques pays membres de la Communauté. Ce n'est donc pas la misère qui les pousse à la révolte. C'est quelque chose d'autre qu'on a déjà nommé: l'espérance de la liberté.
Nous voyons ce mouvement en Allemagne de l'Est - je ne veux pas créer d'incident diplomatique - mais comment penser un instant que les autres qui n'ont pas été nommés, résisteront et que ce problème ne se posera pas qu'à Varsovie, qu'à Budapest - et de ce côté-là, ce sont des rapides - je veux parler de nos compatriotes européens hongrois et polonais?
C'est contagieux. D'un pays à l'autre, d'une capitale à l'autre, dans toute cette Europe-là, le mouvement suivra la même direction, soyez-en sûrs, il connaîtra aussi les mêmes contradictions, subira sans doute les mêmes coups de frein. Rien n'est écrit d'avance. Je veux dire, à quelques mois, ou quelques années près, tout est écrit cependant sur la distance. Veillons à ce que cette page d'écriture soit rapidement terminée et nous y pouvons quelque chose!
Source: Journal officiel des Communautés européennes (JOCE). Débats du Parlement européen. 25.10.1989, n° 3-382. [s.l.]. "Discours de François Mitterrand devant le Parlement européen ", p. 161-163.
Quels sont les facteurs et/ou manifestations de la nouvelle détente ?
